Cet article est issu du numé­ro 2 de Pays, consa­cré au Vercors.

Ici naquit l’alpinisme

C’est sur le Mont-Aiguille qu’est né l’alpinisme en 1492. En 2019, trois hommes ont déci­dé de le des­cendre à skis. Par­mi eux, Robin. Ori­gi­naire de Cler­mont-Fer­rand, il est obsé­dé par cette mon­tagne qu’il a déjà grim­pé dix-sept fois. Son por­trait et le récit de son obses­sion pour le Mont-Aiguille, appe­lé un temps « Mont Inac­ces­sible », nous plongent dans les abîmes d’une mon­tagne qui a tou­jours fasciné.

Pau­line Bou­let & Aimée Le Goff

Par ses gestes, son assu­rance et l’évocation de ses nom­breux sou­ve­nirs, Robin montre comme il se sent sur cette mon­tagne : chez lui. — Aimée Le Goff

En 1492, une troupe d’hommes par­vient pour la pre­mière fois au faîte du Mont Aiguille. Cette curio­si­té géo­lo­gique du Ver­cors, qui s’élève à 2 087 mètres d’altitude, a fait cou­rir de nom­breuses légendes et n’a eu de cesse de fas­ci­ner au tra­vers des siècles. Depuis son enfance, Robin, 29 ans, est irré­sis­ti­ble­ment atti­ré par l’herbe grasse du pla­teau som­mi­tal. Ce matin de juin, il part pour sa dix-hui­tième ascen­sion sur les traces des pion­niers de l’alpinisme.

27 juin 2021, quatre heures du matin. La nuit a été courte et le feu aban­don­né peu après minuit cache encore quelques cendres chaudes. Sous les étoiles, des ombres s’affairent à plier les toiles de tente tan­dis que l’eau fré­mit sur le réchaud. Trente minutes plus tard, les sil­houettes s’enfoncent d’un bon pas dans la forêt, où la lune dis­pa­raît tout à fait. La piste large se trans­forme vite en une sente raide et caillou­teuse. À quoi pou­vait-elle bien res­sem­bler, cinq siècles plus tôt ? Com­bien étaient-ils au matin du 26 juin 1492, à pro­gres­ser en direc­tion de la paroi de celui qu’on appe­lait alors le Mont Inaccessible ?

Le Mont Aiguille est un som­met sur­pre­nant. Depuis Gre­noble, il faut rou­ler quelque qua­rante-cinq minutes avant de le voir sur­gir au détour d’un virage. Véri­table bateau de roche, il s’élève seul, déta­ché des som­mets voi­sins. De son pied éva­sé s’élancent trois cents mètres de falaises ver­ti­cales qui s’aplanissent tout à coup pour for­mer un pla­teau her­beux. Vu d’ici, le Mont Aiguille est étran­ge­ment cubique. Ver­ti­gi­neux et géo­mé­trique. Quelques…

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Pays est une revue indé­pen­dante, sans publi­ci­té, édi­tée par ses quatre cofon­da­teurs et cofon­da­trices. Tous les six mois, Pays, la revue qui nous entoure, s’intéresse à un nou­veau ter­ri­toire pour faire mieux que décou­vrir : comprendre.

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Der­rière cet article…

Pau­line Boulet

Jour­na­liste pigiste opti­miste, Pau­line raconte des his­toires pour la radio et la presse écrite, un micro dans une main, son car­net jaune dans l’autre. Pas­sion­née de mon­tagne, elle en a fait un de ses thèmes de pré­di­lec­tion, comme l’alimentation et les luttes fémi­nistes et sociales.

Aimée Le Goff

Jour­na­liste indé­pen­dante, Aimée a quit­té sa Bre­tagne pour s’installer à Lyon où elle oscille entre la presse écrite et la pho­to­gra­phie. Elle aime les récits d’aventure, les sujets qui touchent aux pro­blé­ma­tiques sociales, et l’idée d’un jour­na­lisme nar­ra­tif qui prend le temps, à contre-cou­rant d’une époque qui va très vite.